Prat, Abbé du

Vénus dans le cloître
Abbé du Prat

Agnès. – Ah Dieu ! sœur Angélique, n’entrez pas dans ma chambre ; je ne suis pas visible à présent. Faut-il ainsi surprendre les personnes dans l’état où je suis ? je croyais avoir bien fermé la porte.
Angélique. – Eh bien ! tout doucement ; qu’as-tu à t’alarmer ? Le grand mal de t’avoir trouvée changeant de chemise, ou faisant autre chose de mieux  ! Les bonnes amies ne se doivent aucunement cacher les unes aux autres. Assieds-toi sur ta couche comme tu étais, je vais fermer la porte sur nous.
Agnès. – Je vous assure, ma sœur, que je mourrais de confusion si une autre que vous m’avait ainsi surprise ; mais je suis certaine que vous avez beaucoup d’affection pour moi, c’est pourquoi je n’ai pas sujet de rien craindre de vous, quelque chose que vous eussiez pu voir.
Le grand vicaire du diocèse de Nantes pris pour nom d’auteur Abbé du Prat pour écrire cet ouvrage érotique.